"La griffe du chien", de Don Winslow
Ce roman policier de presque 800 pages met en exergue le rôle des gouvernements américains successifs dans la répression sanglante des mouvements pro-communistes en Amérique centrale, dans les années 70 et surtout 80 et relie cette politique avec le trafic de drogue à la frontière américano-mexicaine et avec la Colombie, sous fond de corruption de l’état mexicain.
« Il existe deux choses dont le peuple américain ne veut pas : un autre Cuba sur les territoires d’Amérique centrale, et un autre Vietnam » Ronald Reagan.
Cette phrase, citée dans le chapitre 5, résume la thématique centrale de "La griffe du chien".
Des personnages attachants, profondément humains, pour lesquels la frontière entre le bien et le mal est bien ténue.
Art Keller en est le principal héros. Cet ancien de la CIA est entré à la DEA (l’agence américaine chargée de la lutte contre le trafic de drogue) à son retour du Vietnam et a commencé sa carrière au Mexique.
Une guerre sans fin s’engage entre lui et les parrains mexicains de la drogue…
Lors d’un entretien réalisé en 2009 au Festival International du Roman Noir de Frontignan, Don Winslow déclarait :
"La plupart de mes personnages sont des solitaires. C’est une tradition dont nous sommes issus. Raymond Chandler écrit : "Mais dans ces rues sordides doit s’avancer un homme qui n’est pas sordide lui-même". Quoi qu’il en soit, on parle toujours d’un homme seul qui essaie de se confronter à un monde corrompu."
Et, concernant "La griffe du chien" :
"Chaque personnage de ce livre essaie de trouver une manière de vivre décemment dans un monde indécent. Certains y arrivent et d’autres pas. C’est là la quête de chacun des personnages. Peut-on espérer vivre décemment dans un monde indécent ? Ce n’est pas facile mais c’est faisable. Certains personnages s’en soucient, d’autres pas. Certains s’en soucient mais le chemin qu’ils ont suivi fait qu’il leur est finalement impossible de faire ce dont ils savent que ce serait bien. Initialement, lorsque l’on s’engage sur la mauvaise voie, il est facile de retrouver le droit chemin. La mauvaise voie et le droit chemin ne suivent pas des lignes parallèles mais divergentes ; plus on avance dans la mauvaise voie, plus il est difficile de retrouver le droit chemin. Certains personnages se sont trop avancés dans cette voie pour pouvoir retrouver le droit chemin."
Ce classique du roman noir laisse le lecteur époustouflé.
Nous l’avons dévoré et nous vous le conseillons vivement !
Et merci à notre amie italienne Paola qui a si gentiment attribué cette récompense à ce blog !
Récompense que j'offre à tous les "blogs-amis" !
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Je ne l'ai jamais lu, même si j'en ai souvent entendu parler ... Alors, sur ma liste des à lire ! : merci ! et je constate que toi aussi, tu es reconnue comme Versatile, après Dame Kali. Bien mérité - en anglais ! Bonne journée, chère Norma.
RépondreSupprimerinciter à la lecture.. c'est bien..
RépondreSupprimermes journées sont un peu courtes
dès que les journées s'allongent...!
le lac avec les nuages bas..
je peins pour appeler le printemps ..
Un beau grand roman pour la période estivale qui arrivera, je ne désespère par, malgré l'ère de glace actuelle!
RépondreSupprimerJe me permets une petite suggestion qui pourrait aussi faire l'objet d'un billet sur la psychologie : as-tu déjà lu "L'enfant bleu" d'Henry Bauchau? Dans ma quête de romans traitant de l'art pour mon second cours de littérature, je suis en train de lire celui-là qui est extrêmement riche : une jeune femme, enseignante et psychanalyste, s'occupe d'un psychotique, Orion, et pense qu'elle l'aidera à maîtriser ou à surmonter ses blocages en encourageant ses dons pour le dessin.
Un texte vraiment très riche qui porte les traces de l'expérience de Bauchau comme psychanalyste. Une belle découverte. Je vais toutefois le relire, car j'avoue que c'est le genre d'ouvrage qui ne s'appréhende pas en une seule lecture...
Bonne soirée à toi
Actuellement fatiguée par une
RépondreSupprimercrise de rhumatismes, je ne sens pas le courage de lire 800 pages.
Des ouvrages de nouvelles me conviennent mieux.
Je prends note de ce titre
et je le lirais plus tard. Merci
Norma pour ces infos littéraires.
Je viens de terminer " le coeur cousu" de Carole Martinez.Un petit bijou ( premier roman) qui lui a valu 9 prix littéraires. Bien mérités.
Le récit et le propos de ce roman m'ont rappelé un film américain, "Traffic" de Steven Soderbergh avec un éventail de personnages tous plus intéressants les uns que les autres, mené pareillement sur un rythme endiablé.
RépondreSupprimerLe roman est présentement disponible dans le catalogue de ma bibliothèque, je vais m'empresser d'aller l'emprunter.
Bonne journée Norma.
Linda
Merci pour ce livre à noter dans mes tablettes ... mais je vais sans doute attendre d'avoir un moral d'acier pour m'y plonger car le noir noir n'est pas franchement ce qu'il me faut en ce moment !
RépondreSupprimerJolie toile pour ta nouvelle bannière ma Norma. Plein de bisous
Mieux vaut effectivement le sens anglais de "Versatile"...
RépondreSupprimerBonne soirée à toi, Gine !
Norma
Alors peins beaucoup, Elfi, pour que le printemps arrive vite.
RépondreSupprimerC'est une très belle phrase : "je peins pour appeler le printemps".
Bises.
Norma
Non, Marie-Josée, je n'ai pas lu "L'enfant bleu", mais dès qu'une accalmie se présente dans la bousculade actuelle, je me le procure.
RépondreSupprimerEt puis, nous en parlons !
Très belle journée !
Norma
Je n'ai pas lu, non plus, "Le coeur cousu", Elsa.
RépondreSupprimerEncore une référence que je vais prendre.
Je te souhaite un prompt rétablissement.
Je t'embrasse.
Norma
Je suis contente que ce roman soit disponible dans ta bibliothèque, Linda, je pense qu'il te plaira.
RépondreSupprimerNous en parlerons par mail lorsque tu l'auras lu, si tu le veux bien ?.
Très belle journée, amitiés.
Norma
Oui, Pétales, ce n'est pas effectivement une "lecture douce".
RépondreSupprimerJe te souhaite, très rapidement, un meilleur moral et je t'embrasse.
Norma
Aujourd'hui c'est un temps de lecture chez moi !
RépondreSupprimerCiel gris et air frisquet, idéal pour découvrir les livres proposés.
Belle journée à toi Norma
Bisous.
Marie-Ange
Chez nous non plus, ce n'est pas terrible, et pourtant, on se croyait déjà au printemps !
RépondreSupprimerBises, Marie-Ange !